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Macron, le brutus de Hollande ? Non. Le piège de Hollande contre la droite, oui.

Publié le par GrandNicolas

Macron, le brutus de Hollande ? Non. Le piège de Hollande contre la droite, oui.

On entend parler plus que de lui. Macron, l'homme en forme du moment (en forme, pas pour ses résultats économiques s'entend, mais pour son omniprésence médiatique), s'apprêterait tel un vil Brutus à trahir son mentor François Hollande, et serait en route pour se présenter à la présidentielle.

Cela, c'est ce que vous pouvez lire et entendre partout.

Sauf que c'est une belle histoire, ou plutôt, un storytelling tout droit pondu par EuroRSCG, cette même agence de comm faiseuse de roi qui a réussi le tour de force de faire croire au pays entier en 2011 que Dominique Strauss-Kahn était un génie de l'économie qui allait sauver la France, avant que ce dernier n'apparaisse pour ce qu'il est, c'est à dire quelque chose que je ne peux même pas nommer avec les mots péjoratifs adéquats pour éviter un procès en diffamation/injure et autre.

Macron, le brutus de Hollande ? Non. Le piège de Hollande contre la droite, oui.

La réalité, la voici.

Au début de 2016, François Hollande est confronté à un gros problème. Comme tout politique addict aux mandats, il ne vise rien d'autre que sa réélection à l'horizon 2017. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Son meilleur ennemi, Nicolas Sarkozy, qui devait lui être opposé pour un match retour dont il pensait "naturellement" qu'il allait le gagner (dans sa tête, juste parce qu'il l'a déjà battu en 2012. N'allez pas chercher plus loin), se retrouve en difficulté au sein de son parti, et tout annonce que le candidat des républicains sera finalement et de manière assez improbable Alain Juppé, vieux (il le reconnait lui même) 1er ministre sur le retour, n'ayant pas grand chose d'autre à proposer comme programme d'avoir convaincu Bayrou de ne pas se présenter s'il obtenait l'investiture, et de ne pas faire plus d'un mandat s'il était élu (on prend les paris que élu, il reviendrait sur cette promesse ? Mais passons). Bref, pour Hollande, c'est la tuile.

Surtout, il apparait sondage sur sondage, élection sur élection, que le Front National, l'éternel épouvantail de la vie politique, et porté par le climat anxiogène de défiance envers les politiques "classiques" et par les attentats (et ceux du 13 Novembre risquent bien hélas de ne pas être les derniers en France d'ici la présidentielle), sera, quoiqu'il arrive, au second tour, probablement aux alentours des 30% au 1er tour. Ce qui ne laisse du coup qu'une place pour un challenger, et selon les sondages, cette place reviendrait à la droite, donc Alain Juppé éventuel gagnant de la primaire.

Croyez-vous sincèrement qu'un politique addict au pouvoir comme François Hollande puisse accepter, un an à l'avance, la certitude d'être battu à l'élection qu'il veut à tout prix remporter à nouveau, sans rien tenter ? Si oui, vous êtes probablement des mêmes naïfs qui croient que François Hollande pourrait ne pas se représenter. Là encore, une immense plaisanterie.

Bref. Pour François Hollande, l'équation est simple. S'il veut arriver au second tour, il doit chiper, d'une manière ou d'une autre, la place qui revient sur le papier à Alain Juppé. Mais comment faire ?

La force d'Alain Juppé, c'est essentiellement de s'être assuré la ralliement de François Bayrou et l'assurance que ce dernier ne se présenterait pas s'il était le candidat des Républicains (je n'ai entendu à ce jour aucune personne enthousiaste sur cette candidature, juste une "résignation générale" à voter pour lui car candidat le mieux placé -en théorie- à droite pour gagner la présidentielle). Ainsi, sachant que quel que soit le candidat de la droite, cette dernière peut compter sur un socle d'irréductibles autour de 20%, et que les voix centristes correspondent peu ou prou à 7/10%, Juppé se met hors de portée d'un François Hollande affaibli et décrédibilisé par des résultats économiques navrants (entre autres résultats navrants).

Alors pour prendre des voix à Juppé, on (avec la contribution non bénévole de EuroRSCG) a créé de toute pièce cette candidature Macron, faisant monter cette personnalité dans l'esprit de l'opinion qui n'en avait encore jamais entendu parler (alors que objectivement, il n'a aucune réalisation concrète à son actif autre que quelques lignes de bus, et l'économie du pays dont il est responsable est dans un état franchement piteux), le présentant en jeune homme dynamique ambitieux, un "Tony Blair" à la Française, et autre fumisterie.

Macron, le brutus de Hollande ? Non. Le piège de Hollande contre la droite, oui.

Tout est dans ce constat : Macron, s'il n'avait pas été nommé pas François Hollande au gouvernement, n'aurait jamais été présenté comme une "personnalité de gauche", seul ce "parrainage" lui permettant de bénéficier peu ou prou de cette étiquette (et encore, son passage par la banque Rotschild reste en travers de la gauche de la majorité des "ténors de gauche"). S'il se présentait à une primaire fermée au seul PS, comme celle de 2011, il est à peu près certain que Macron ne ferait pas plus que Valls, c'est à dire 5,63 % et 149.103 voix. En revanche, si Macron se présentait à une primaire à LR, il est certain qu'il y remporterait beaucoup plus de succès.

Et c'est tout là l'origine du calcul manichéen de François Hollande.

Macron directement candidat à la présidentielle (pas à la primaire de droite), il est certain que celui-ci raflera en immense majorité des voix "à droite" et mordra très peu, totalement à la marge, dans l'électorat de François Hollande. Tout le calcul de ce dernier (avec la complicité de Macron ? Ou tout simplement, celui-ci est totalement naïf et ne se rend pas compte du fait qu'il n'est qu'un jouet aux mains du président ?) est que Macron morde assez sur l'électorat d'Alain Juppé (et ce ne sera pas difficile, notamment à cause de l'age de ce dernier, son usure du pouvoir dans un contexte de demande de renouvellement, et aussi, sa condamnation pour les emplois fictifs de Paris) pour faire descendre assez ce dernier, aux alentours de 20% ... pour le mettre à portée d'un Hollande ayant fait le ménage en bloquant un maximum toutes autres candidatures "à gauche", et s'assurant ainsi un socle minimal autour de 23/25%. Mieux, débarrassé de Macron le temps de la présidentielle, récitant la fable de la trahison, François Hollande aura plus de facilité à fédérer cette base de gauche minimale dont il a besoin pour parvenir au second tour.

Il s'inviterait alors in-extremis à la place "promise" à Alain Juppé au second tour de la présidentielle, face à Marine Lepen et persuadé qu'un "front républicain" lui assurerait sa réélection. Ce dont je suis loin, très loin d'être convaincu, mais on en reparlera.

Macron, le brutus de Hollande ? Non, le cheval de Troie, indéniablement.



Article initialement publié sur Linkedin :

https://www.linkedin.com/pulse/macron-le-brutus-de-hollande-non-pi%C3%A8ge-contre-la-droite-poirier?trk=pulse_spock-articles

Beau mouv ce matin de Cruz, qui obtient le retrait...

Publié le par Nicolas Poirier

Trump peut-il encore atteindre le nombre de 1237 délégués pour être automatiquement investi ?

Publié le par GrandNicolas

NB : Je précise que je n'ai aucune sympathie pour Donald Trump, mais passionné de politique et d'histoire des États-Unis, ces primaires et la candidature de ce dernier m'intéressent tout particulièrement.


Seulement 16 États (sur les 50 que comptent les États-Unis) n'ont pas encore voté pour les primaires républicaines de 2016. Ces 16 États attribuent un total de 769 délégués pour la convention républicaine désignant le candidat républicain à la maison blanche.

Depuis la primaire du Colorado, Trump se retrouve à 758 délégués, tandis que Cruz se rapproche à 558, Kasich faisant office de trublion à 144.

Pour gagner, Trump doit impérativement remporter 479 délégués (1237 - 758).

Jusqu'à maintenant, la majorité des élections états par états ont été à la proportionnelle. Puis est venu le temps à la mi-mars des élections knock-out, où le gagnant de l'état remporte soit la totalité des délégués (winner-take-all), soit l'immense majorité (winner-take-most).

Trump peut-il encore atteindre le nombre de 1237 délégués pour être automatiquement investi ?

Pour les 16 États restant, et vu la tendance actuelle, il semble que Trump soit parti pour l'emporter dans 11 d'entre eux. Il s'agirait des États de New-York, Pennsylvanie, Virginie Occidentale, Rhode Island, Connecticut, New Jersey, Delaware, Maryland, Washington, Oregon et Californie. Ces états représentent un total de 596 délégués, sauf que seuls deux d'entre eux sont des "take all" (New Jersey et Delaware, 67 délégués pour Trump), et trois autres sont des "take most" (Pennsylvanie, Maryland, Californie, 281 délégués maximum pour Trump). Les autres, représentant un total de 248 délégués, sont des États à la proportionnelle, ce qui diminue grandement le nombre de délégués potentiels pour Trump. L'hypothèse particulièrement haute serait qu'il en emporte 50%, soit quand même 124 délégués.

Trump peut-il encore atteindre le nombre de 1237 délégués pour être automatiquement investi ?
Trump peut-il encore atteindre le nombre de 1237 délégués pour être automatiquement investi ?
Trump peut-il encore atteindre le nombre de 1237 délégués pour être automatiquement investi ?

(3 sondages récents démontrant les chances de Trump des états de l'Est)

Pour résumer, sur ces 11 États acquis sur le papier pour Donald Trump, ce dernier peut espérer y gagner un très grand maximum (improbable) de 472 délégués sur 596 disponibles, un nombre de toute façon insuffisant pour atteindre la barre des 479 qu'il lui manque à ce jour.

Au vu des résultats précédents, Cruz l'emportera très certainement dans les états du Montana, Dakota du Sud et Nebraska. S'agissant de 3 États "take all", cela lui fait automatiquement 92 délégués, et autant de moins disponibles pour l'escarcelle du Trump.

2 États apparaissent comme indécis, l'Indiana et le Nouveau Mexique, et représentent un total de 81 délégués. Indécis, car il s'agit à la fois de Swing States aux élections nationales (États ayant déjà basculé à une ou plusieurs reprises des démocrates aux républicains, ou inversement), mais aussi parce qu'ils se situent dans une sorte de "no mans land" entre territoires pro Trump et contre Trump.

Maintenant, c'est l'Indiana qui devrait se montrer déterminant, car l'élection dans cet État arrive tout de suite (le 3 Mai) après une vague d'élections (le 26 Avril) dans les États de l'Est du Connecticut, Delaware, Maryland, de la Pennsylvanie et de Rhode Island, qui devraient sans exception voter Trump. Dès lors, il est certainement à craindre que sur l'effet de la vague, l'Indiana ne soit emporté à son tour par Trump, qui aurait alors un boulevard pour remporter l'investiture, atteignant alors un total maximum de délégués égal à 1288 (maximum, mais avec une bonne marge de sécurité sur les 1237 nécessaires).

Tout l'enjeu pour Trump est donc de remporter New York le plus largement possible (ce qu'il s'apprête à faire, les sondages le plaçant à 54%, contre 22 pour Kasich et 17 pour Cruz) pour déclencher une vague monstre sur les 5 autres États de l'Est votant quelques jours plus tard, et créer ainsi une dynamique qui emportera l'Indiana dans la foulée. Si les choses se passent bien ainsi, alors il aura accompli 99% du chemin restant vers l'investiture.

Et, comme je l'expliquais dans cet autre article, il serait alors bel et bien en route vers la maison blanche.


NB - Edit du 24 Avril 2016 : Comme prévu dans cet article, Trump a bien remporté l’État de New-York, et surtout, avec un score écrasant qui lui donne bien l'élan nécessaire pour gagner les 5 primaires du mardi 24 Avril, puis l'Indiana dans la foulée. A ce jour, Trump est susceptible de remporter 134 délégués aux primaires du Mardi 24 Avril, ce qui l'amènerait à un total de 981 délégués avant l'Indiana.
Voici un tableau projetant le nombre de délégués que chaque candidat républicain peut atteindre à chaque primaire selon les tendances actuelles (Trump émarge à 1282 délégués à la fin de la dernière primaire ...)

Trump peut-il encore atteindre le nombre de 1237 délégués pour être automatiquement investi ?

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