C'est deux petites histoires, que je me propose de vous raconter. Hélas, il ne s'agit pas de fiction, mais du bien réel, made in France 2014.
La première, c'est celle de cet ami, qui souhaitant louer une maison sur la côte Landaise avec d'autres, repère une petite annonce très sympa sur le bon coin. Hop, ni une ni deux, il s'entend sur le prix avec le loueur, et fait parvenir un chèque de caution de 1000€.
Le week-end se passe très bien, mes amis n'étant pas des destructeurs en puissance (couples avec enfants), ils font un nettoyage de l'appartement avant de partir, et s'en vont ainsi gaiement.
Sauf que. Souhaitant récupérer son chèque de caution, mon ami contacte le loueur. Et ce dernier alors va inventer des frais de nettoyage consternants, et va faire le chantage suivant à mon ami. Un nouveau chèque de 200€ pour les frais de ménage, ou bien il encaissera le chèque de 1000.
Face à ce chantage, l'ami me contacte, et je lui recommande d'aller porter plainte à la gendarmerie pour tentative d'extorsion, ainsi que d'aller faire opposition au chèque à sa banque, bien que théoriquement, le droit ne l'y autorise pas (on ne peut faire opposition pour un différent, mais seulement pour un vol de chèque. En l'espèce, vu que l'usage promis à ce chèque correspondait bien à un vol, l'opposition me semblait au minimum justifiée).
Hélas, 3 fois hélas. La gendarmerie refusera de prendre la plainte de mon ami, ce à quoi je m'attendais car je l'avais prévenu de bien insister malgré le probable refus de la gendarmerie, et la banque "oubliera" la consigne donnée de faire opposition au chèque, et laissera passer l'encaissement.
Aujourd'hui, il ne reste plus qu'à mon ami à aller se battre dans des procédures à la noix pour tenter de récupérer la somme, et j'avoue ne pas parier beaucoup sur ses chances de succès. Une chose est sure, je doute qu'il ne reloue jamais un appartement en laissant un chèque de caution de cette manière, et son histoire n'incitera pas non plus d'autres à faire de même. Et tant pis pour l'économie du tourisme, qui ne doit pas s'arranger avec ce genre d'histoire.
L'autre histoire, c'est celle de cette personne, qui ayant loué pendant un an un appartement, décide un beau jour de mettre fin à la location pour un autre. Les choses sont faites dans les règles, l'appartement est libéré à la date convenue et nettoyé. Sauf que le propriétaire refusera de faire un état des lieux, et surtout, de remettre les deux mois de caution en sa possession. Pire, la banque oubliera (sic, encore) de stopper le virement automatique et laissera passer un mois de loyer supplémentaire, que le propriétaire refusera également de rembourser. Résultat des cours, le locataire doit attendre 2 mois avant de pouvoir tenter une action en justice (délai légal de restitution de la caution), et se lancer dans une action que peu de particuliers connaissent et qu'un avocat rendrait trop chère. Bien évidemment, la banque contestera sa faute et enverra gentiment paitre la locataire demandant à être remboursée pour la somme virée malgré son désaccord et sa consigne claire.
Dans ces 2 cas, ce qui me marque est le fait que nous sommes arrivés à un point en France où l'embrouille est devenue la règle (je ne cite que ces deux cas, mais hélas et de par mon métier, j'en ai hélas beaucoup trop d'autres en tête). Ces embrouilles nuisent sévèrement à l'économie, car elles créent un climat de défiance amplifié par l'impossibilité pour le justiciable commun à ressources limitées d'obtenir de la justice son aide pour la réparation de son préjudice.
On en est là, et c'est franchement lamentable, surtout lorsque l'on compare à ce qui se passe dans d'autres pays, et comment la confiance permet à l'inverse la multiplication des opportunités d'affaires.